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Sujet : L'Histoire est-elle une connaissance du passé ou une construction du passé ?

Définitions des termes :
  • histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.
  • connaissance : CONNAÎTRE / CONNAISSANCE: 1. Être familier de quelqu'un ou quelque chose. 2. Discerner, distinguer quelque chose : « Le premier et le moindre degré de connaissance, c'est d'apercevoir » (CONDILLAC) 3. Posséder une représentation de quelque chose, en part. une représentation exacte. 4. Connaissance: a) Acte par lequel un sujet s'efforce de saisir de saisir et de se représenter les objets qui se présentent à lui. b) Résultat de cet acte.
  • passé : Dimension du temps écoulé dans son irréductible irréversibilité. D'ordre biologique, pulsionnel, social, historique ou psychologique, le passé pèse sur l'homme dans le sens du déterminisme, mais, il structure aussi activement la personnalité sans laquelle la liberté serait impossible ou illusoire. La liberté qui peut d'ailleurs s'exercer à l'égard du passé lui-même, dans la mesure où le sens accordé au passé reste du choix de l'individu (cf. Sartre). Par sa nature même, la connaissance du passé humain reste, selon les cas, occultée, aléatoire, partielle, subjective, soumise au moment social; elle laisse ainsi souvent une marge d'indétermination propice aux illusions et à l'action de l'imaginaire.

Extrait du corrigé : -          L'on pourrait ainsi considérer que l'Histoire est un moyen de justifier ce qui nous arrange, on y chercherait ce qui corrobore nos hypothèses et on y projetterait nos convictions intimes. -          Il s'agirait alors de choisir entre les différents faits et de décider lesquels seraient significatifs et lesquels seraient anodins. -          Parée du manteau de l'objectivité, l'Histoire ainsi écrite passerait pour « vérité » aux yeux des néophytes. -          Cela permettrait de faire un usage politique de l'Histoire, d'en faire un instrument de propagande en appuyant l'idéologie d'un discours objectif portant sur des faits. -          L'on pourrait alors arguer du fait que cette propagande s'appuie cependant sur des faits réels. -          Il y aurait bien alors une réalité de la connaissance historique, en tant qu'elle n'invente pas les faits, mais se contente de sélectionner parmi ceux-ci. Il s'agirait donc d'une connaissance partielle et partiale. -          Cependant, comme le souligne Nietzsche, « Il n'y a pas de faits, il n'y a que des interprétations. » (Volonté de puissance, Tome I, Livre II, chapitre 2, §133) -          Cela signifie que ce qui compte, ce n'est pas le fait, c'est l'interprétation qu'on en donne, le fait à lui seul est vide de signification, il est donc négligeable, on pourrait quasiment s'en passer. Le fait n'est invoqué que pour donner du crédit à l'interprétation, il n'est que « poudre aux yeux ».

L'Histoire est-elle une connaissance du passé ou une construction du passé ?

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Définitions

  • histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.
  • connaissance : CONNAÎTRE / CONNAISSANCE: 1. Être familier de quelqu'un ou quelque chose. 2. Discerner, distinguer quelque chose : « Le premier et le moindre degré de connaissance, c'est d'apercevoir » (CONDILLAC) 3. Posséder une représentation de quelque chose, en part. une représentation exacte. 4. Connaissance: a) Acte par lequel un sujet s'efforce de saisir de saisir et de se représenter les objets qui se présentent à lui. b) Résultat de cet acte.
  • passé : Dimension du temps écoulé dans son irréductible irréversibilité. D'ordre biologique, pulsionnel, social, historique ou psychologique, le passé pèse sur l'homme dans le sens du déterminisme, mais, il structure aussi activement la personnalité sans laquelle la liberté serait impossible ou illusoire. La liberté qui peut d'ailleurs s'exercer à l'égard du passé lui-même, dans la mesure où le sens accordé au passé reste du choix de l'individu (cf. Sartre). Par sa nature même, la connaissance du passé humain reste, selon les cas, occultée, aléatoire, partielle, subjective, soumise au moment social; elle laisse ainsi souvent une marge d'indétermination propice aux illusions et à l'action de l'imaginaire.

Problématique

 

Analyse du sujet :

 

-          Si l’on devait faire l’histoire de l’Histoire, on se rendrait compte qu’elle trouve naissance chez Hérodote, un Grec qui mélangeait allégrement les faits avérés avec des interprétations mythologiques.

-          La genèse de l’Histoire semble donc se rattacher à la volonté d’un homme de retrouver des faits réels et de les rallier à une interprétation divine. En cela, l’Histoire ressemble plus à une construction inspirée de faits réels qu’à une véritable connaissance du passé.

-          Cependant, désormais promue au rang de science humaine, l’Histoire se veut une connaissance objective des faits passés.

-          En conséquence, elle aspire à la neutralité et à la recherche de la vérité. Elle ne prétend donc pas construire le passé comme qui en inventerait l’histoire, mais retrouver ce qui s’est réellement passé grâce à des indices.

-          Si tel était le cas, si l’Histoire parvenait à une connaissance objective des faits passés, tous les historiens auraient le même point de vue et la même interprétation de ces faits.

-          Or, il n’en est rien, et les historiens semblent tous se battre pour réussir à imposer leur interprétation.

-          Cela ne devrait-il pas nous incliner à penser que l’héritage d’Hérodote est finalement encore lourd ?

 

Problématisation :

Ce sujet pose problème parce que nous savons bien que si l’Histoire était une pure construction du passé, alors elle ne se distinguerait plus vraiment de la mythologie et elle perdrait le sens même de sa recherche. Ce faisant, si l’Histoire était une connaissance du passé, elle ne ferait l’objet que d’un travail de recherche où les connaissances s’accumulent petit à petit et elle ne serait pas sujette à tant de controverses. Or, régulièrement, de grands historiens « revisitent » l’Histoire et en donnent une interprétation différente, voire opposée à celle de leurs prédécesseurs. Comment rendre compte de ce paradoxe ?



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